Lorsque les Beatles (John Lenon, Paul McCartney, Ringo Star and George Harrison) se rendirent pour la première fois aux États-Unis en 1964, leurs adorateurs leur réservèrent un accueil délirant. La “Beatlemania” était née.
Entre autres concerts, les Beatles se produisirent à l'Hollywood Bowl de Los Angeles.
Le premier concert américain des Beatles :
Les Beatles ont fait couler beaucoup d'encre. Un article intitulé: “The Harmonic Language of the Beatles” a été rédigé par KG Johansson de l'Université technologique de Luleä (Suède).
L'interface entre langage et musique est un sujet intéressant, quoique trop vaste pour être traité dans ce bref article.
Dudamania
Près de 50 ans plus tard, un musicien d'une autre nature est devenu la coqueluche, sinon des États-Unis, du moins de Los Angeles.
Le chef d'orchestre vénézuélien Gustavo Dudamel, qui a maintenant 30 ans, est devenu l'enfant chéri de la scène musicale sud californienne où il a dirigé l'Orchestre philharmonique de Los Angeles depuis 2009. (Il est également chef principal de l'Orchestre symphonique de Göteborg (Suède) et directeur artistique de l'Orquesta Sinfónica Simón Bolívar de Caracas (Venezuela). C'est un produit du sistema vénézuélien. Peu après que Dudamel eût accédé à ce poste à Los Angeles, le Guardian britannique écrivait: «La Dudamania déferle sur Los Angeles depuis que le prodige est arrivé au Philharmonique ». Comme l'a annoncé leLos Angeles Times dans son édition du 4 février 2012, Dudamel dirigera cette semaine le Philharmonique de Los Angeles et l'Orchestre symphonique Simon Bolivar du Venezuela, des chœurs et des solistes locaux – en tout, plus de 1.000 exécutants - pour la Huitième symphonie de Gustave Mahler.
Le 18 février, Dudamel dirigera le même concert dans sa ville natale de Caracas (Venezuela) et il sera « simuldiffusé » en « son surround » de haute définition. Le concert sera diffusé simultanément dans 500 salles de spectacle de tous les États-Unis, du Canada.et de l'Amérique latine.
Note linguistique :
Comme nous l'avons expliqué dans un précédent article, le substantif anglais simulcast est un mot-valise: la fusion de broadcast et de simultaneously. Jusqu'ici, simulcast désignait une émission diffusée simultanément à la radio et à la télévision mais, aujourd'hui, il s'agit généralement d'une manifestation diffusée (en direct ou non) simultanément en plusieurs endroits qui sont souvent des salles de cinéma ou des écrans géants en salle ou en plein air. Le verbe correspondant est to simulcast.
Un livre intitulé “Changing Lives : Gustavo Dudamel, El Sistema, and the Transformative Power of Music” vient de paraitre.
Valentin, prêtre romain fut flagellé puis décapité à Rome en 270, par ordre de l’Empereur Claude II le Gothique, pour avoir célébré illégalement des mariages. Ayant refusé de renier sa foi et tandis qu'il attendait son supplice, Valentin rendit la vue à la fille de son geôlier. Touchée par sa foi, celle-ci planta, dit-on, un amandier sur la Via Flaminia, qui reliait Rome à l’Adriatique. Valentin devint le saint patron des amoureux en 1496.
Les restes de Saint-Valentin reposent dans la collégiale de Roquemaure, une église du XIVe siècle, située non loin du célèbre vignoble de Châteauneuf-du-Pape. Chaque année, on y célèbre la Fête du Baiser, en l’honneur du saint patron des amoureux. Le samedi suivant la Saint-Valentin. tout le monde se déguise en costume d’époque et un cortège traverse la localité. Vin et étreintes sont au programme toute la journée. Mais Saint-Valentin n'est pas honoré que ce jour-là. À longueur d'année, des couples se rendent à l'église pour renouveler leurs vœux de mariage et se jurer fidélité devant l’imposante chasse vitrée qui fait face à l’autel.
Le renouveau
Mais, depuis quelques années, Roquemaure n'a plus l'apanage de la fête des amoureux. Une autre commune viticole, et non des moindres, Saint-Amour-Bellevue, organise une grande fête le samedi qui précède la Saint-Valentin.
C'est ainsi que, samedi dernier, ce village de Saône-et-Loire[1], célèbre cru du Beaujolais proche de Mâcon, a accueilli de nombreux couples venus y « confirmer leur mariage ». Les festivités ont débuté par un accueil à la mairie à 16h30, suivi d'une cérémonie de confirmation des engagements du mariage (présidée par le maire de la localité), d'un concert à l'église et, enfin, comme on pouvait s'y attendre, d'un vin d'honneur et d'un dîner en musique.
Célébrer à la fois l'amour et le vin n'est-ce pas rendre aussi hommage à Horace (Quintus Horatius Flaccus), ce poète latin (65 – 8 av. J.-C.) qui disait: « Le vin met à jour les secrets de l'amour », citation devenue l'emblème de la manifestation et qui s'inscrit désormais sur son affiche. Comme disait Oscar Wilde, « le mariage est la principale cause de divorce ». Eh bien, à une époque où l'on déplore le grand nombre des divorces, l'initiative de la commune de Saint-Amour-Bellevue méritait d'être saluée!
Horace Wilde
Jean Leclercq
[1] Renseignements obligeamment fournis par Madame Corinne Aujas, Régie du tourisme de 71570 Saint-Amour-Bellevue (France) dont le site www.saint-amour-bellevue.fr est à la disposition de tous les candidats au renouvellement des vœux du mariage.
« Le verbe aimer est difficile à conjuguer, son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif et son futur est toujours conditionnel » Jean Cocteau
« Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction ». Antoine de Saint-Exupéry
« Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour ». Marcel Carné
« L’amour rend aveugle. L’amour doit rendre aveugle ! Il a sa propre lumière. Eblouissante. » Daniel Pennac
« Aimer, c’est préférer un autre à soi-même. » Paul Léautaud
« Une vie sans amour, c’est une vie sans soleil. » Hervé Bazin
« L’amour est comme le vent, nous ne savons pas d’où il vient. » Honoré de Balzac
« L’amour est au monde pour l’oubli du monde. » Paul Eluard
« Heureux les amants que nous sommes Et qui demain, loin l’un de l’autre S’aimeront par-dessus les hommes. » Jacques Brel
« Un baiser c’est un secret qui prend la bouche pour oreille. » Edmond Rostand
« L’amour choisit l’amour sans changer de visage. » Paul Eluard
« Aimer c’est de surpasser. » Oscar Wilde
« L’amour est un cristal qui se brise en silence. » Serge Gainsbourg
« J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir ! » Victor Hugo « Ta bouche sur ma bouche, et tes yeux sur mes yeux. » Victor Hugo « Si j’étais roi, je donnerais l’empire pour un baiser de toi ! » Victor Hugo
The Library: An Illustrated History [La bibliothèque: Une histoire illustrée]. Stuart A. P. Murray. New York: Skyhorse Publishing & Chicago: ALA Editions, 2009. 310 pp. $35,00 (cartonné). ISBN-13: 978-0-8389-0991-1.
Ouvrage analysé par:
(photo : Rick Bielaczyc)
le Dr. Hermina G. B. Anghelescu School of Library & Information Science Wayne State University Detroit, Michigan, USA Convenor, Library History Special Interest Group, IFLA
Bienvenue à notre nouvelle collaboratrice
Ce livre tente d’expliquer à ceux qui n'en savent pas grand chose, l’évolution des bibliothèques, les étapes de leur développement à travers les âges et au-delà des frontières, en s'attachant à des collections représentatives et à ceux qui s’en sont occupés, qu'ils soient bibliophiles ou bibliothécaires.
Il contient un avant-propos de Nicholas A. Basbanes et une introduction de Donald G. Davis, Jr.,
Realisateur : Phyllida Lloyd Scenariste : Abi Morgan Comediens: Meryl Streep, Jim Broadbent, Richard E. Grant
bande annonce :
« Plus de 20 ans après la fin de sa carrière politique, Margaret Thatcher, femme admirée autant que détestée, continue de soulever les passions. La sortie du film La dame de fer, de Phyllida Lloyd, provoque bien des remous en Angleterre et ailleurs dans le monde, ramenant dans l'actualité ce sujet qui, aujourd'hui encore, divise les Britanniques. Pour certains, Thatcher a sauvé le pays du déclin, pour d'autres elle n'a que renforcé les inégalités sociales. Admirateurs comme détracteurs s'entendent cependant pour dire qu'elle a su s'imposer comme le leader britannique le plus renommé depuis Winston Churchill. » Journal Montréal
Le Président Mitterand sur Margaret Thatcher: "Elle a la bouche de Marylin Monroe et les yeux de Caligula."
Le biographe de Margaret Thatcher, John Campbell, la décrit comme “the most admired, most hated, most idolised and most vilified public figure of the second half of the twentieth century.”
Vingt-deux ans après son départ du pouvoir, quel est l'héritage de Margaret Thatcher ?
Interview avec Philippe Chassaigne, professeur d’histoire contemporaine, auteur de Histoire de l’Angleterre, des origines a nos jours (Editions Champs)
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Des bons mots de Margaret Thatcher :
The Labour Government …has got the usual Socialist disease — they’ve run out of other people’s money.
My policies are based not on some economics theory, but on things I and millions like me were brought up with: an honest day’s work for an honest day’s pay; live within your means; put by a nest egg for a rainy day; pay your bills on time; support the police.
I, personally, have always voted for the death penalty because I believe that people who go out prepared to take the lives of other people forfeit their own right to live. I believe that the death penalty should be used only very rarely, but I believe that no-one should go out certain that no matter how cruel, how vicious, how hideous their murder, they themselves will not suffer the death penalty.
If you want something said, ask a man to say it. If you want something done, ask a woman to do it.
Defeat? I do not recognise the meaning of the word.
Note linguistique:
traduit par Laura Valet de l'article "Mind Your (Parliamentary) Language" de David Porter et avec sa permission.
Peu de gens savent que certaines expressions anglaises que nous utilisons tous les jours sont nées dans la Chambre des Communes britannique.
Le Parlement britannique est le plus vieux du monde et au fil des ans, il est à l’origine de nombreuses expressions auxquelles on attribue souvent un sens différent. Alors qu’approchent les élections législatives, voici un aperçu de quelques-unes de ces expressions.
It's in the Bag (L’affaire est dans le sac)
Derrière le fauteuil du Président de la Chambre des Communes et à l’abri des caméras se trouve un grand sac dans lequel les députés placent les pétitions devant être examinées par la Chambre des Communes ou par le gouvernement.
De nos jours, pour arriver au Parlement les pétitions doivent suivre une certaine procédure et bien qu’elles soient ensuite officiellement publiées, elles sont rarement reconnues comme étant d’une importance capitale et encore moins débattues comme il se doit.
Cependant, il y a plusieurs siècles, un député à qui on aurait présenté une pétition pouvait affirmer en toute honnêteté à ses électeurs que, oui, il avait attiré l’attention du Parlement sur tel problème, que tout allait être arrangé car en effet… l’affaire était dans le sac !
Toe the line (Ne pas dépasser les limites)
Dans le langage courant, cela signifie que l’on doit obéir à une règle comme tout le monde, qu’il y a une ligne/limite invisible que personne ne devrait franchir.
Au Parlement britannique, cette ligne n’est pas seulement métaphorique. La Chambre des Communes, une longue salle rectangulaire, est aménagée de façon à opposer les deux partis principaux, et deux lignes rouges parallèles la traversent, séparées par quelques mètres.
Les députés doivent s’exprimer depuis leur côté de la ligne et ne pas la franchir, sous peine d’être sévèrement rappelés à l’ordre. Ils ne doivent pas dépasser les limites !
The Whip (Le Whip, lit. Fouet)
Ce terme vient du vocabulaire de la chasse du XVIIIème siècle. Le « whip » désignait alors la personne qui s’occupait de ramener les chiens égarés dans la meute à l’aide d’un fouet.
Il y a 2 Whips dans chaque Chambre du Parlement britannique, l’un étant fidèle au Premier Ministre, l’autre au leader de l’opposition. Ils jouissent d’un certain pouvoir auprès des députés et doivent s’assurer que ceux-ci soient présents lorsqu’un vote a lieu. Autrement dit, ils font respecter la discipline de parti comme s’ils avaient un fouet en main.
Un député important a dit d’eux qu’ils sont « aussi indispensables que les toilettes ».
« Accepter le fouet » veut dire, appartenir à un parti et en accepter les règles.
Les whips de chaque parti transmettent à leurs députés un bout de papier signifiant que leur présence est requise à une session parlementaire. Un seul trait (whip) veut dire que la présence du député et son vote sont facultatifs.
Si le papier est souligné deux fois, le député doit être présent à moins d’arranger une « paire » avec un membre du parti opposé.
Trois lignes indiquent qu’il est absolument impératif de venir et de soutenir le parti. Aucune excuse ne sera acceptée, pas même un voyage à l’étranger ou être sur son lit de mort.
La traduction en anglais du roman de Michel Houellebecq, « La carte et le territoire », lauréat du Prix Goncourt 2011, est parue en septembre 2010. Des journaux Britannique et americains, en ont publié des critiques. [1]
Michel Houellebecq
Le traducteur, le Dr Gavin Bowd, maître de conférences de français à l’Université écossaise de St Andrews [1], a eu la gentillesse de rédiger un article pour ce blog, afin de nous relater les pièges linguistiques qu’il a dû déjouer dans le cadre de sa traduction.
Dr Gavin Bowd Version anglaise de « La carte et le territoire » (The Map and the Territory)
Voici l'analyse du Dr Gavin Bowd :
The Prix Goncourt-winning La Carte et le territoire is a militantly French novel. If Michel Houellebecq’s previous works have explored possible solutions to our malaise in cloning and sex tourism, with the island or the coast as the site for escape, here there is a sort of inward-looking utopia, as a post-industrial France, reviving contact with its rural traditions, is transformed into a paradise for Frenchmen and tourists alike. This very Frenchness is a challenge to the translator. Le terroir, whose charms attract the main character, Jed Martin, and an increasing number of his compatriots, has no direct equivalent in English: ‘locality’ or ‘region’ do not have its earthy connotations. I therefore decided to keep it in italics, as an exoticism which would be understood by the average reader/tourist familiar with such ‘produits du terroir’ as a good bottle of Bordeaux or a tin of foie gras. I also put into italics such expressions as ‘excellente continuation, messieurs dames’, believing the words to be recognisable to the non-Francophone and adamant that ‘enjoy your next course’, let alone ‘get that down your neck’, lacks a certain je ne sais quoi. [SUITE]
[1] L'université de St Andrews, fondée en 1413, est la troisième de Grande-Bretagne par ordre d'ancienneté, après Oxford et Cambridge. Souvent, elle se classe aussi en troisième position pour la qualité de son enseignement. Malgré ses 700 ans, elle n'est pas aussi connue qu'elle le devrait, mais elle a beaucoup attiré l'attention du public lorsque le prince William et la princesse Kate y ont étudié, s'y sont rencontrés et y ont obtenu ensemble leur diplôme en 2005.
Le Comité régional du tourisme Paris-Île-de-France a organisé les 4 et 5 février un « weekend hors du commun », un événement «Paris face cachée », ou encore « Paris Underground ». Comme on le sait, le mot « underground » (substantif ou adjectif) veut dire « souterrain ». C’est pour cela qu’il désigne officiellement le métro de Londres. (voir notre article du 23 janvier 2012 : « Humour, dites-vous ? Lost in translation».
Mais, pendant la deuxième guerre mondiale, le mot a pris un nouveau sens lorsqu'il en est venu à désigner les mouvements de résistance à l'occupation de l'Europe par les nazis.
Après la guerre, “The Underground” a désigné un mouvement de contre-culture, né en Grande-Bretagne et associé à la culture hippie aux États-Unis.
Dans cette acception, “underground” peut être traduit en français par «clandestin» (adjectif) et «mouvement clandestin» ou «clandestinité» (substantif).
Parmi les expressions désignant des activités clandestines ou parallèles, citons l'économie «underground», le cinéma «underground”, la musique “underground», l'art «underground» et la presse «underground». Dans le domaine économique, on a beaucoup utilisé les adjectifs « souterraine » ou « parallèle » pour qualifier tout un pan de l'économie italienne ou russe s'exerçant en marge des structures commerciales officielles.
À la mort de son père, il y a 60 ans, le 6 fevrier 1952, la princesse Élizabeth , est devenue Élizabeth II, la reine du Royaume Uni, du Canada, d'Australie, de Nouvelle-Zélande, de la Jamaïque, de la Barbade, des Bahamas, de la Grenade, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, des îles Salomon, des Tuvalu, de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent-et-Grenadines, d'Antigua-et-Barbuda, du Belize et de Saint-Christophe-et-Nièves. Elle a été couronée un an plus tard.
Élisabeth est la première souveraine britannique depuis la Reine Victoria. Couronnée à l'âge de 18 ans, Victoria avait ensuite régné pendant 63 ans et sept mois. La Reine Elisabeth, couronnée à 25 ans, a déjà régné pendant 60 ans.
Un regard sur des rencontres antérieures entre Elizabeth II et des présidents des Etats Unis :
Il faut noter qu'il y eut douze Premiers ministres sous le règne d’Elizabeth II, et que chacun devait rencontrer la reine chaque semaine pour la tenir au courant des affaires du Royaume.
La prédeliction d'Elizabeth pour des chapeaux aux couleurs vives et bien connue.
L'usage correct de l'anglais s'appelle Queen's English (ou King's English, quand c'est un roi qui règne sur le Royaume-Uni). Wikipedia donne comme synonymes de Queen's (or King's) English, les expressions: received prononciation, Oxford English et BBC English. Mais, pour autant que je sache, l'expression Queen's English ne se réfère pas uniquement à la prononciation, mais à l'usage général de l'anglais dans tous ses aspects. En outre, l'Université d'Oxford est devenue beaucoup moins élitiste que par le passé, et la British Broadcasting Corporation, l'organe public de production et de diffusion de programmes de radio-télévision, emploie d'ores et déjà des speakers et présentateurs qui parlent avec différents accents qui trahissent leur origine locale en Grande-Bretagne ou même celle de pays comme l’Inde et l’Australie. À l'heure de la « mondialisation » de la langue anglaise, il semble que la prononciation de la Reine (et d’autres membres de la famille royale qui parlent comme s’ils avaient une pomme de terre dans la bouche) est plus hors du commun que jamais en regard de l’anglais parlé par ses sujets.
Tous les articles que nous publions sont soit l'œuvre de nos rédacteurs, le plus souvent à partir de sources originales en anglais et avec l'autorisation de l'auteur ou de l'éditeur, soit spécialement rédigés par des collaborateurs occasionnels. À titre exceptionnel, lorsqu'un texte est tombé dans le domaine public et qu'il s'avère impossible d'en identifier l'auteur, nous reprenons de tels articles. Chaque fois que nous citons, nous indiquons nos sources pour autant que nous puissions les déterminer.
Strange Fruit est la première chanson importante du Mouvement américain des droits civiques. Elle est devenue le symbole de la lutte des Noirs pour l’égalité. Les « fruits étranges » dont parle la chanson sont les corps, pendus aux arbres, des noirs lynchés dans les années 1930, dans le Sud des États-Unis.
Ce texte de protestation contre la vague de lynchages, a d’abord été un poème. Son auteur, un enseignant juif communiste du Bronx, Abel Meeropol, l’a publié en 1937 sous son pseudonyme : Lewis Allan, et l’a bientôt mis en musique. D’abord interprété par son épouse, Strange Fruit a été popularisé par la chanteuse noire américaine, Billie Holiday, qui l’a enregistré en 1939 et avec laquelle il est souvent identifié. Dans son autobiographie, la chanteuse prétend même indûment en avoir écrit les paroles.
En 1999, Time Magazine élut Strange Fruit comme « La chanson du siècle » et Q., une publication musicale britannique le qualifia de l’une des « dix chansons qui changèrent réellement le monde ».
Billie Holiday (1915 - 1959)
Lorsque les paroles de la chanson furent traduites en français par Henri-Jacques Dupuy, Meeropol s’adressa à un éditeur parisien, Rudi Rével, pour qu’il fasse enregistrer une version française. Mais le projet n’aboutit pas et Rével s’en expliqua ainsi : « La raison principale est…l’aspect politique de la version française qui, ici, est considérée comme franchement anti-américaine. Et puis, avec tous les problèmes que les Français rencontrent actuellement, en Indochine et en Afrique du Nord, avec les gens de couleur, je ne crois pas que l’une des grandes maisons de disques puisse accepter d’enregistrer la version de M. Dupuy » (cité par David Margolick dans son livre (en anglais) : Strange Fruit : The Biography of a Song).
Notre collaboratrice, Francine Kaufmann, professeur émérite de traductologie, (Département de traduction, d’interprétation et de Sciences de la traduction de l’université Bar-Ilan, en Israël), a adapté cet article écrit par moi et nous a confié sa propre traduction (inédite) du poème de Meeropol.
Southern trees bear a strange fruit,
Blood on the leaves and blood at the root,
Black body swinging in the Southern breeze,
Strange fruit hanging from the poplar trees.
Les arbres dans le Sud portent d’étranges fruits Sang sur leurs feuilles, sang à leurs racines
Corps noirs qui se balancent dans la brise du Sud Étranges fruits pendus aux branches des peupliers
Pastoral scene of the gallant South,
The bulging eyes and the twisted mouth,
Scent of magnolia sweet and fresh,
And the sudden smell of burning flesh!
Spectacle pastoral des gibets dans le Sud Yeux révulsés, bouche distordue
Parfum de magnolias, frais et sucré Puis l’odeur, soudain, de chair qui se consume
Here is a fruit for the crows to pluck,
For the rain to gather, for the wind to suck,
For the sun to rot, for a tree to drop,
Here is a strange and bitter crop.
Voici offerts des fruits que les corbeaux picorent Que la pluie arrache, que le vent pourlèche
Que le soleil pourrit, que l'arbre fait tomber Voici une récolte amère et bien étrange.
Le vidéo-clip suivant (en anglais) rappelle l’histoire des lynchages dans le Sud ainsi que la contribution d’Abel Meeropol et de Billie Holiday à la création et à la diffusion de Strange Fruit .
Cette photo, de 1930, est l’une de celles qui inspirèrent Meeropol ; elle montre le lynchage de Thomas Shipp et d’Abram Smith à Marion, dans l’Indiana.
James Cameron a survécu à une tentative de lynchage : il avait 16 ans. En 2006, un an avant sa mort à l’âge de 92 ans, il fut invité au Sénat pour entendre les excuses présentées par la chambre américaine, se repentant de n’avoir pas su édicter une loi fédérale interdisant les lynchages.
Abel Meeropol, enseignant juif et communiste militant est connu pour avoir écrit les paroles et la musique de Strange Fruit mais aussi pour avoir adopté, par la suite, les deux jeunes fils de Julius et d’Ethel Rosenberg, accusés (à tort) d’avoir livré à l’Union soviétique les secrets de la bombe atomique. Ils furent exécutés en 1953.
Etymologie du mot « Lynchage » :
Charles Lynch (1736-1796), riche planteur de Virginie, était juge de paix. Il est connu pour avoir condamné à la pendaison de nombreux justiciables.
Voici la définition du Petit Robert :
lyncherv. tr. <conjug. : 1> 1861; de l'anglais américain to lynch, de Lynch law « loi de Lynch » (1837), procédé de justice sommaire attribué à Charles Lynch, juge de Virginie.
Exécuter sommairement, sans jugement régulier et par une décision collective (un criminel ou supposé tel). — Par ext. Exercer de graves violences sur (qqn), en parlant d'une foule. écharper, molester. « un nègre lynché par une foule en furie, parce qu'il prétendait s'asseoir dans une partie de la salle réservée aux blancs ! » (Siegfried).
Kingsley Amis (1922 - 1995) et Martin Amis (1949 - )
Trois livres :
The King’s English
by Kingsley Amis
Parution: 1999
Cette édition: 2 juin 2011
Complete Stories
by Kingsley Amis
Parution: 2 juin 2011
The Life of Kingsley Amis
by Zacahary Leader
Parution: 2006
Cette édition: 30 mai 2011
Présentation de l’éditeur (Penguin Books)
The King's English est l'œuvre de Kingsley Amis qui fait spirituellement autorité en matière de bon usage et d'abus de la langue anglaise. Amis tord le cou à ce fléau qu'est l'analphabétisme tout en pourfendant la prétention, car il donne un avis sur les bourdes et les barbarismes qui nous guettent au passage et vont des anacoluthes aux gros mots, au jargon et même au Welsh rarebit. Si vous vous êtes jamais demandé s'il était acceptable de commencer une phrase par un 'Et', de couper un infinitif ou de barrer vos chiffres sept à la française, Amis a la réponse – ou alors un avis incisif. Tour à tour réflexif, acerbe ou provocateur, The King's English est pour quiconque se soucie de la façon dont on emploie la langue anglaise.
Complete Stories
Présentation de l’éditeur (Penguin Classics):
Les nouvelles de Kingsley Amis – le grand maître de la prose humoristique de l'après-guerre – sont sombres, enjouées, émouvantes, surprenantes et extrêmement drôles. Ce recueil, appelé à faire autorité, réunit pour la première fois toutes les nouvelles d'Amis en un seul volume qui couvre cinq décennies d'écriture. Dans The 2003 Claret, écrit en 1958, c'est la construction d'une machine à avancer dans le temps qui aura la redoutable mission d'envoyer un voyageur en 2010 pour découvrir quel goût aura alors la bibine. Dans Boris and the Colonel, un espion de Cambridge est débusqué dans la campagne anglaise engourdie avec l'aide d'un cheval courageux, alors que dans Mason's Life, deux hommes se retrouvent au milieu de leurs rêves respectifs. Le recueil couvre plusieurs genres, offrant d'ingénieuses histoires originales,du mystère et de l'horreur, des réflexions satiriques et des attaques diablement drôles. Les nouvelles d'Amis révèlent l'ampleur de son imagination et la chaleur que masque son humour acerbe, et elles ont toutes le style et l'esprit caractéristiques de l'un des plus adulés des auteurs britanniques. Avec un avant-propos de Rachel Cusk.
The Life of Kingsley Amis
Présentation de l’éditeur (Northwestern University Press)
Kingsley Amis n'était pas seulement le meilleur romancier humoristique de sa génération, c'était aussi une personnalité marquante des lettres britanniques de l'après-deuxième guerre mondiale, en tant que romancier, poète, critique et polémiste. La biographie, désormais classique, de Zachary Leaders retrace de façon très vivante la vie de l'un des auteurs les plus controversés du XXe siècle, célèbre pour son intelligence cinglante, son esprit féroce et l'opiniâtreté belligérante de ses positions.
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